"Simha"


jeudi 12 novembre 2015


20h

Le Périscope propose une sélection d'évènements gratuits dédiée à la connaissance du jazz, des musiques afro-américaines et plus généralement des musiques populaires.
A travers une sélection de conférences dynamiques et de documentaires choisis avec gourmandise, nous vous proposons de venir écouter et échanger au Périscope avec les intervenants qui sauront vous transmettre leur regard passionné. Une aventure à vivre chaque mois, de septembre à juin, au Périscope.

 

Simha Arom est né à Düsseldorf en 1930.

Sa famille fuit l’Allemagne nazie juste après la « Nuit de Cristal » en 1938.

Après plusieurs mois d’errance en Belgique et en France, les Arom sont internés aux camps de Brens puis de Rivesaltes, d’où ils réussiront à s’échapper, mais les parents sont repris et envoyés à Auschwitz d’où ils ne reviendront pas.

En 1944, traversant les Pyrénées à pied, Simha parvient à rejoindre la Palestine via l’Espagne. Il étudie la musique au conservatoire de Jérusalem, puis au CNMP (Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris) où il obtient, en 1954, un Premier Prix de cor.

Alors qu’il est cor-solo à l’Orchestre Symphonique de Jérusalem, on lui propose, en 1963, d’aller créer une fanfare en République Centrafricaine. Dès son arrivée dans ce pays, il est fasciné par les polyphonies pygmées, qu’il réussit à décrypter grâce à un système de re-recording de son invention. Il découvre alors les principes de cette musique, comme de celles de bien d’autres communautés et décide de se consacrer à l’ethnomusicologie. Avec Geneviève Dournon, il crée à Bangui le Musée Boganda, musée des arts et traditions populaires où la musique a toute sa place.

Recruté au CNRS en 1968, Simha reçoit en 1984 la Médaille d’Argent. Directeur de recherche émérite depuis 1998, il continue d’animer le séminaire doctoral d’ethnomusicologie qu’il a fondé, dont la renommée est internationale.

En dévoilant la systématique  des musiques de l’oralité, il en a modifié notre perception occidentale et donné à leurs dépositaires leurs lettres de noblesse.

Ses travaux ont influencé nombre de compositeurs illustres, comme Luciano Berio, György Ligeti, Steve Reich, et lui ont valu en 2008 le « Koizumi Fumio Prize for Ethnomusicology » et le « Prix International de la Fondation Fyssen ».

Aujourd’hui, à 85 ans, Simha Arom s’investit dans l’étude de la systématique des polyphonies géorgiennes et de leur modélisation.

 

Jérôme Blumberg filme Simha dans son travail depuis 1990.