Dur et Doux présente : Doux Tapir (Ni) + Gros Oiseau + Gencive de Grenouille


jeudi 10 mars 2016


20h30
L'amicale crapaud, le poney club de Dur et Doux et le club hippique du Périscope tolèrent :
 
NI (Folklore de Bresse)

On pourrait faire simple et dire de Ni que c'est un groupe de rock instrumental. On s'arrêterait là et on se resservirait un bon café, regarderait la pochette de leur dernier album en se disant que ça fait du bien de profiter du balcon, que le printemps revient, et qu'on écouterait bien les oiseaux chanter tout l'après-midi, que ça faisait longtemps.

Pour compliquer un peu, on dirait que Ni est un Monstre à quatre têtes. Un grand méchant Ni, qui aurait troqué la linéarité des routes de l'Ain dont il vient contre des architectures impossibles, qui tiennent à grand renfort d'électricité et de polyrythmies apatrides. Dans son temple, le quatuor perce les fenêtres à coup de cris, les murs élevés tiennent grâce à une nervosité virtuose et la qualité des fondations dissipe tout doute quant à la résistance potentielle du bazar pour les siècles à venir. À l'intérieur, c'est la bourrasque continue, des enfants courent un peu partout et leurs parents dansent autour d'un grand bûcher festif au milieu duquel la valse, la forme couplet-refrain et les mesures 4/4 lâchent un dernier râle avant d'être réduites à l'état de cendres.

 
GROS OISEAU (Musique de Suisse)

Gros Oiseau concocte une soupe douteuse.
Beats carré-bossus fabriqués maison, basses spasmodiques, synthé rachitique, formules magiques et vocaux étranges se mélangent à feu vif...
On rajoute des bongos idiots, des maracas et des petits violons, et la mixture, élaborée par Julien Israelian, Paul Courlet et Nicolas Tissot, se met a bouger toute seule...

 
GENCIVE DE GRENOUILLE (Gwyn Wurst et émulsion de homard)

Claviériste surnaturel et virtuose extraterrestriel, il est en solitaire une véritable anomalie iconoclaste, une erreur de casting Marvel recalé au concours pour P4 « superpouvoir impropre et crapuleux ».
Avec ses deux claviers et les phalanges d’un Colossus, il irrite une makina d’auteur absinthé, recrache au plafond les pires incendies dancefloor d’Otto Von Shirach et Venetian Snares ; improvise sans se soucier des retombées écologiques un électro-arabisant saturé qui laisse Omar Souleyman en pâture aux vers des sables sur Dune sans se retourner ; compose la bande originale du remake snuff de « Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ».
Une danse du soleil vicieuse, unique et ravagée, un viol hardtek satanique sans matière grasse, une expérience rare, indispensable et remuante à vous en séparer définitivement le cartilage de la chair.