Shore to Shore (The Bridge #4)


jeudi 06 octobre 2016


21h00
ouverture du bar 18h00
ouverture de la billetterie 20h30

En coproduction avec le Rhino Jazz Festival

Shore to Shore (The Bridge #4)

AVEC :

Rob Mazurek : Cornet, électronique
Mathieu Sourrisseau : Basse électro-acoustique
Mwata Bowden : Clarinette, saxophone baryton
Julien Desprez : Guitare électrique
Matt Lux : Basse électrique

"Un pont transatlantique"

Comment décrire une musique qui s’est mise à exister au printemps 2014 à Chicago, comme une île surgie des profondeurs de l’océan, qui n’apparaissait encore sur aucune carte ? Peut-être avec les mots de Julien Desprez : « Les deux basses et la guitare représentent pour moi comme un profond tunnel, éclairé par les instruments à vent. Au-delà de ce tunnel, nous attendent, peut-être, la lumière ou l’obscurité… »

Ce quintet est né de l’envie d’explorer les possibilités d’une formation dénuée de claviers et de percussions, mais dotée d’une section de cordes d’un genre particulier : les ébullitions de deux bassistes (Matt Lux et Mathieu Sourisseau) qui ne jouent pas de contrebasse, et les influx d’un guitariste (Julien Desprez) qui joue de l’électricité. Avec, pour se placer sur orbite ou pour sortir de cet orbite, par expulsion d’une masse sonore propulsive, la circulation tourbillonnaire de deux instruments à vent : un cornet (Rob Mazurek) et un saxophone baryton ou une clarinette (Mwata Bowden). Une musique de gravités, de forces d’attraction, donc.

Cet ensemble est aussi né de la rencontre – à distance déjà – de quelques individus ayant répondu à l’appel de The Bridge, réseau transatlantique d’échanges entre musiciens de Chicago et de France. Rob Mazurek et Matt Lux se connaissent depuis toujours, depuis l’expérience d’Isotope 217 notamment, et se côtoient régulièrement dans les orchestres imaginés par Mazurek (Exploding Star Orchestra, Pharoah and the Underground, Pulsar Quartet…). Ce nouveau quintette est pour eux l’occasion de se produire réellement avec un « Chicagoan » bien-aimé, directeur de plusieurs ensembles à l’Université de Chicago, et qui a reçu le Chicago Jazz Hero Award en 2013 : Mwata Bowden. Si Julien Desprez et Mathieu Sourisseau n’avaient encore jamais joué ensemble, l’un et l’autre ont pris part à certaines des aventures collectives qui ont défrayé la chronique de l’improvisation en France ces dernières années (telle l’hydre du collectif Coax pour le premier, ou le Tigre des platanes pour le second). L’un comme l’autre pratique allègrement le nécessaire mélange des genres, du jazz, de la musique improvisée, des musiques électriques ou électroniques, des musiques dites « du monde »… Ce qui ne devrait pas indisposer les musiciens de Chicago, habitués à l’inhabituel par nature et culture.

Ils utilisent l’improvisation comme un système de guidage capable de reconnaître la route, l’itinéraire, capable de lire et d’effacer les traces, de changer le paysage, le territoire, l’environnement, ce qui compte pour eux est de recomposer toutes les provenances et toutes les destinations. Suivez le guide !

Texte de Michel Clavel


© DR, Ariele Monti, Jeff Humbert, Lauren Deutsch, Daniel Vass