PIXVAE - «KAIXU»

Coproduction : Grolektif Production et le Périscope 

Dans le cadre de l’année France-Colombie 2017, le projet « Músicas Híbridas : Bogotá-Lyon » est né de la volonté commune d’IDARTES et du Périscope de favoriser les échanges professionnels, artistiques, pédagogiques et de recherches académiques entre les métropoles de Bogotá et Lyon, plus précisément autour des musiques hybrides. « KAIXU by Pixvae » s’inscrit alors dans cet échange et propose une création inédite entre les deux pays.
Fils adoptif de la sono mondiale et de la botanique, « Kaixu » est né de greffes successives entre trois « traditions » musicales : les musiques afrocolombiennes, le rock underground et le jazz contemporain. Une première expérience réalisée fin 2015, donne vie au groupe franco-colombien Pixvae. Créé par le saxophoniste, compositeur et arrangeur Romain Dugelay et par l’anthropologue, percussionniste et chanteur Jaime Salazar, Pixvae confronte les chants et percussions de la Côte Pacifique colombienne aux soubresauts européens du jazzcore. Au bout de quelques mois se fait sentir l’envie de creuser davantage, d’explorer également le son de la « Côte Caraibe », d’expérimenter en plus grand. Une nouvelle greffe intervient lorsque Pixvae invite les musiciens colombiens Hugo Candelario Gonzales (marimba de chonta) et Elber Alvarez (flûtes gaitas) ainsi que le français Clément Edouard (dispositif électronique et traitement sonore). Entre les sonorités vibrantes de l’instrumentarium colombien et les frissons de l’amplification, Pixvae développe une nouvelle inflorescence dénommée Kaixu (« coeur » en langue Awa).

Parti des musiques dites traditionnelles des côtes colombiennes pour les confronter à l’énergie électrique des musiques « souterraines » et à la tradition du jazz « tout-terrain », Kaixu se nourrit autant de leurs différences de pratiques que de leurs dénominateurs communs. Culture de la transe et de l’improvisation, conjonction du contemporain et de l’intemporel, de l’ubique et de l’unique, la musique qui découle de ces croisements nous questionne, par le biais de tableaux sonores, sur les spécificités supposées des traditions musicales à l’œuvre. Kaixu matérialise ainsi la rencontre entre des mondes en apparence distants et « joue » avec ce qui nous a été historiquement présenté comme des traditions. Un défi artistique qui va bien au-delà d’une superposition stylistique et propose bien plutôt de créer de nouvelles grammaires musicales, de nouveaux paysages sensoriels, de nouvelles ramifications pour ces traditions vivantes.

au Périscope du 27 mars au 2 avril 2017
et à Bogotá du 15 au 25 avril