Une scène lyonnaise

Alors que sortait il y a quelques jours dans Libération un article de trois pages sur les illustrateurs passionnés qui gravitent autour de la scène artistique lyonnaise, plusieurs choses nous viennent à l’esprit. Peut-on parler aujourd’hui, non pas de scène «underground» ou «émergente» mais plutôt simplement d’une «scène lyonnaise», c’est à dire une scène artistique spécifique et assez riche sur un territoire
pour être nommée comme telle ?

Il est intéressant d’observer, sous l’angle forcément singulier qui est le nôtre, le développement d’une scène artistique dans la métropole lyonnaise. Une scène comme un centre de gravité où l’on peut croiser des collectifs nés ici comme le Grolektif ou des migrations régionales comme Pinces Oreilles. Une scène comme un vivier, un magma où des formes se développent, avec des projets protéiformes comme Piniol. Une scène où s’effectue le mélange des genres, l’exploration des bordures par les artistes de Dur et Doux par exemple, mais, plus largement, une scène où foisonnent des artistes qui construisent, déconstruisent et créent ces dernières années.

Si nous étendons cette approche, nous pouvons aussi parler de la scène toulousaine, dont sont issus les No Noise No Reduction, une scène où se croisent activistes, producteurs, organisateurs, groupes formels ou informels, mais surtout des artistes engagés dans leurs créations, et dans la diffusion énergique et incessante de nouvelles musiques. Citons aussi la scène montpelliéraine avec le travail du collectif KOA, emmené notamment par Alfred Vilayleck, qui a également fondé un festival et qui fait lien entre les artistes du territoire.

Enfin, nous étendrons cette découverte des «scènes» en traversant l’Atlantique et en partant à la rencontre de la scène artistique de Bogotà. C’est une délégation de 27 personnes - les musiciens de Mazalda, Direction Survet, Kaumwald et Pixvae, mais aussi des professionnels, programmateurs, directeurs artistiques, et pédagogues - qui ira à la rencontre de la scène colombienne autour des musiques hybrides.

Nous avons toujours, au sein du Périscope, cherché à être actifs pour faciliter, accueillir, soutenir et promouvoir une scène lyonnaise autour des musiques innovantes, en France et à l’étranger. Nous nous efforçons également de l’enrichir en programmant des artistes venus d’ailleurs, au sens géographique comme artistique, afin de faire réseau et d’observer comment les choses se font et se transforment.