RÉSO
NANCE

Alexandre Pierrepont

Est-il encore pertinent d’évoquer une scène jazz française ?

Questions. Une scène socio-musicale, « jazz » ou autre, peut-elle avoir pour échelle un pays – non au sens d’un territoire concrètement habité et parcouru par les individus et par les groupes, mais bel et bien au sens d’une « nation » ?
Et ce à l’époque crispée et crispante où tant de miasmes identitaires saturent l’atmosphère de notre société, et celle des autres, tandis qu’en sens inverse mais complice la mondialisation bitume tout sur son passage ?
Est-ce donc l’unité de mesure la plus appropriée, la plus pertinente, sur le plan des modes de vie et des modes d’échanges, du niveau local au niveau global au niveau local ?
Ou cache-t-elle essentiellement le fait que des institutions (de tutelle, de référence) « structurent la filière » et que celles-ci sont le reflet d’une autre histoire, nationale celle-là ?
Alors, une scène jazz française ?
Une scène jazz australienne ?
Une scène jazz saturnienne ?
Et bientôt les Jeux Olympiques du jazz ?

 

La question que l'on a posée à Alexandre Pierrepont nous a amené à évoquer la sortie de Polyfree,  ouvrage qui tisse à travers les écrits de tous ses contributeurs, un certain paysage du jazz actuel.

 

POLYFREE

La jazzosphère, et ailleurs ( 1970-2015)

Textes réunis par Philippe CARLES & Alexandre PIERREPONT

Le parti pris de ce livre ébouriffant est d’envisager l’histoire contemporaine de la jazzosphère du point de vue de ce que l’on y trouve de plus « vif » au fil des dernières décennies.

Ouvrage polyphonique, il présente et commente, sans fantasme d’exhaustivité encyclopédique,
des phases, mouvements et personnalités représentatifs, initiateurs et/ou catalyseurs de transitions entre l’histoire monumentale et l’infini des actualités. Soit un récit plutôt pluriel qui commence là où d’autres s’arrêtent ou s’enlisent… D’où un ensemble en forme de travelling panoramique sur les années 1970-2015, finalement les moins discutées, au grand dommage de toute mémoire d’attaque qui se doit d’intégrer les étapes contemporaines à ses perspectives.

Free Jazz Black Power de Carles et Comolli en 1971 puis Le Champ jazzistique de Pierrepont en 2002 avaient respectivement marqué une volonté de donner toute leur profondeur, esthétique, sociale et politique, aux musiques de ce champ. Cette fois-ci, afin de rendre compte de la phénoménale, et formidablement enchevêtrée, diversité des directions prises par ces musiques, un équipage de tous les horizons et de lames parmi les plus affûtées dans chacun des domaines abordés, a été réuni. Domaine enchanté du jazz et du possible (dé)couvert en quatre archipels.

Comme tout inventaire, celui-ci est incomplet. Il démontre que les musiques du champ jazzistique et d’ailleurs tiennent à la multiplicité de leurs directions, orientations et désorientations.

Ce faisant, Polyfree rappelle que le « jazz » est non seulement objet de désir mais mode de penser, permettant d’interroger le monde dans lequel nous vivons et d’en sonder d’autres. Il ne rabat pas la musique sur elle-même, mais voit et entend la société s’y déployer.

29 contributeurs

Bernard Aimé, Franpi Barriaux, Nader Beizaei, Christian Béthune, Frédéric Bisson, Philippe Carles, Marc Chemillier, Yves Citton, Jean-Louis Comolli, Guy Darol, Xavier Daverat, Ludovic Florin, Bertrand Gastaut, Michel Henritzi, Francis Hofstein, Édouard Hubert, Denis-Constant Martin, Bertrand Ogilvie, Alexandre Pierrepont, Xavier Prévost, Jean-Paul Ricard, Jean Rochard, Lorraine Roubertie Soliman, Gérard Rouy, Matthieu Saladin, Pierre Sauvanet, Yannick Séité, François-René Simon, Daniel Soutif

352 pages • Discographies, bibliographies, index • ISBN 978-2-907891-88-2
Edition Outremesure 

Alexandre Pierrepont