Twins [The Bridge #0]


samedi 07 octobre 2017


21h00
ouverture du bar 18h00
ouverture de la billetterie 20h30

Fred Jackson Jr. – saxophones alto & soprano
Stéphane Payen – saxophone alto
Makaya McCraven – batterie, électronique
Edward Perraud – batterie, percussions

C’est grâce à la symétrie que toutes les dissymétries sont possibles (et réciproquement) : ici deux saxophones aux hélices de papillons, aux élytres de fusées, deux batteries diversifiées jusqu’à faire de toute surface des miroirs magiques. Au commencement, Fred Jackson et Stéphane Payen, Edward Perraud et Frank Rosaly se sont rencontrés aux Chicago Cultural Center, un beau jour d’avril 2013, pour le lancement nord-américain de The Bridge. Se sont revus à Paris, en juin 2015, pour tout remettre en jeu et enregistrer. Depuis, le quartette doublement croisé est devenu Twins et Makaya McCraven alterne avec Frank Rosaly derrière la batterie, et partout autour. Ils se jouent ensemble de la pesanteur comme de l’apesanteur – cette fois-ci et enfin à travers la France.

Imaginez un plongeon, synchronisé, du haut de la falaise des saxophones et des batteries. Imaginez des plongeurs que leurs saltos et leurs vrilles ralentiraient, un peu comme si ces figures en cascade finissaient par former un invisible échafaudage et par se stabiliser dans l’espace. Comme si la chute des corps était une technique de construction. Tous les duos et tous les quartettes sont présents dans Twins (mais très peu d’impairs, très peu de solos ou de trios), toutes les figures, tocades et roulades, y passent. Il y a les saxophonistes sagittaires et les batteurs trapézistes, s’assistant ou se contestant dans leurs tâches respectives, de passage de relais en passage de relais. Le sagittaire Payen avec le trapéziste McCraven, ou le trapéziste Perraud avec le sagittaire Jackson. Parfois les batteries installent leur campement et laissent les saxophonistes libres d’aller et de venir, de partir en reconnaissance : l’intendance suit, quitte à passer des rythmes en contrebande. On monte et rétrograde les vitesses. Parfois les batteurs batifolent en vélocités contradictoires, tandis que les saxophones cousent de longues lignes plus ou moins perçantes. Il est patent et éclatant que leur entente (leur capacité de démultiplication) repose sur une arithmétique et une arythmétique : bris et brisures des batteurs, haches et hachures des souffleurs, sens de la continuité et de la discontinuité. Sagittaires et trapézistes sont géomètres dans la démesure.

 


* Les tarifs réduits sont accessibles pour les chômeurs et les étudiants